Cet été, j’ai eu la chance de vivre une retraite au Village des Pruniers, en Dordogne, en France. Le Village des Pruniers a été fondé en 1982 par Thich Nhât Hanh, maître bouddhiste zen vietnamien, écrivain, poète, inlassable défenseur de la paix; il figure parmi les personnalités les plus engagées du bouddhisme dans le monde occidental après le Dalaï-Lama.

Le Village des Pruniers, créé après son exil du Vietnam, est un lieu où l’on peut se ressourcer, respirer, sourire, et prendre le temps de poser un regard profond sur nos actes quotidiens : s’assoir, marcher, parler, écouter, laver la vaisselle, répondre au téléphone…

 

On y goute au bonheur, en toute simplicité.

 

Le bonheur, selon les pratiques enseignées au Village, se trouve dans l’attention simple et profonde à notre quotidien. Thich Nhât Hanh nous offre ainsi une méthodologie pour pratiquer la non-violence. Par des outils, des supports très concrets il nous aide à poser des protections immédiates face à la violence qui nous habite. Par sa présence, sa Communauté de moines et moniales, nous apprenons à faire de chaque geste quotidien, une prière, un don, un acte d’amour.

Et comme Thay (‘Maitre’ en vietnamien) le souligne : c’est de la transformation de nos souffrances et violences intérieures que dépendent la paix et le bonheur des générations futures. C’est donc une démarche très sérieuse.

 

Voici un extrait des principaux ingrédients du bonheur que j’ai retenu :

–       ‘Inspirer, expirer’ sont les instructions de base de la méditation au Village. Car, au village, la méditation est dans chaque geste, chaque mouvement et chaque activité. On prend conscience de sa respiration sans autre but que d’apprécier le moment présent. La concentration n’est pas recherchée pour elle-même, ni d’ailleurs la paix, l’éveil, ou quoi que ce soit d’autre. Simplement être là, sans effort particulier.

–       Calmer…, calmer…, relaxer notre système nerveux afin de développer la confiance et la clarté d’esprit.

–       Sortir du mental et revenir à notre souffle, à notre corps. Cela nous aide à ramener de l’énergie vitale dans le corps et à calmer le mental. Les yogis font la même chose avec les asanas (postures). L’énergie agit sur les pensées et les pensées agissent sur l’énergie.

–       Utiliser tous nos sens pour nous ramener présent, au moment présent. Les 6 accès à la pleine conscience que nous avons tous sont : entendre, voir, ressentir, gouter, sentir, toucher. Au Village, la clochette est utilisée à tout moment pour permettre au pratiquant de se recentrer, de se rappeler que chaque instant se suffit à lui-même et qu’il est unique.

–       Sourire : un ingrédient important à inclure dans notre quotidien. Au Village cela commence lors de la méditation du matin, par ce mantra de gratitude ; « J’inspire, je suis toujours vivant-e, j’expire, je souris à la vie ». Sourire à nos expériences pour développer l’acceptation, le pardon, la compassion et ramener de la joie dans notre cœur.

–       S’émerveiller : revenir à l’essence des choses, à la Beauté de la nature, à l’émerveillement simple d’un enfant.

Au Village, lors du déjeuner pris en silence, c’est l’occasion de se remémorer l’interdépendance de toute chose, d’être en contact avec les couleurs dans l’assiette, les saveurs, les odeurs, mais aussi les frères et les sœurs qui ont préparé le repas, le ciel qui a envoyé la pluie, la terre qui a bu la pluie et nourri les légumes… revenir à l’essence et s’émerveiller!

–       Partager la fraternité : un élément essentiel de la vie du village et de l’enseignement du maître, est que nous n’existons pas sans les autres, notre pratique a besoin du soutien des autres en même temps qu’elle est une source d’inspiration pour eux. « Nous inter-sommes », répète souvent Thay au cours de ses enseignements. C’est pourquoi notre attention à l’autre doit être constante et empreinte de douceur.

 

 

Ces quelques ingrédients sont de simples mais pourtant puissants activateurs de bonheur. Et il va sans dire qu’il s’agit du bonheur qui se trouve en nous, et non à l’extérieur de nous.

Développer notre attention nous aide à maintenir notre niveau d’énergie stable dans le corps, et ainsi stabiliser le flot de pensées, comme nous l’avons vu. Cela nous permet aussi d’appréhender les situations difficiles avec plus de stabilité, de compassion grâce à une perception aimante de la vie.

Cultiver son bonheur, à petit pas, dans l’attention au moment présent, développe notre « muscle du bonheur ».

Cet entrainement au bonheur me rappelle un beau passage du « Guide de la méditation marchée » (édité au Village des Pruniers) . « Pratiquer la méditation marchée, c’est un peu flâner, sans avoir aucun but, sans vouloir arriver à un endroit donné à un moment donné. Le seul but de la méditation marchée est de pratiquer la méditation marchée. L’important est de marcher, non d’arriver. Cette pratique n’est pas un moyen, c’est le but même et sa réalisation. De chacun de nos pas rayonnent la vie, la paix, la sérénité. Nous n’avons donc pas à presser le pas. Nous avons plutôt à le ralentir. Nous marchons sans marcher, sans qu’un but nous attire. Et c’est pour cette raison que peut naître sur nos lèvres un demi-sourire. »

Être heureux a ainsi plus à voir avec notre capacité à être attentif, plutôt qu’à une action à prendre pour aboutir à un résultat. Ouf, je ne sais pas vous, mais moi cela m’enlève une pression et m’amène un grand sourire 😀 !!

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